Amour et argent font-ils bon ménage ? - MSN Finances - Bien connaître vos droits
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Amour et argent font-ils bon ménage ?

Mieux Vivre Votre Argent
Paradoxe ! Les couples français ont une conception communautaire de l’argent. Mais sa gestion au quotidien ne va pas sans heurts. Mariage, Pacs ou concubinage, quelles sont les meilleures solutions pour éviter les conflits dans votre situation ?
L’argent, c’est le sujet qui fâche ! 51% des Français vivant en couple déclarent qu’il s’agit d’une source de conflits. Et ce, avant la politique (34%), le sexe (22%) et la religion (21%), comme le révèle le sondage réalisé par BVA pour la BPE et Mieux Vivre Votre Argent. Ils sont même 36% à placer la question de l’argent en tête des causes de querelle dans leur foyer. «Hommes et femmes ont une représentation différente de l’utilité de l’argent, confirme Alain Tourdjman, directeur des études et de la prospective du groupe Caisse d’Epargne, qui a dirigé une vaste étude sur le sujet. La femme a une vision utile de l’argent. Plus pragmatique et plus fréquemment épargnante, elle prend mieux en compte les besoins de la famille à court terme et arbitre sans cesse entre épargne et consommation. L’homme a, quant à lui, une plus grande capacité d’abstraction face aux impératifs quotidiens. Une fois qu’il a pris la décision de s’engager sur un placement, il considère que le budget courant doit s’ajuster en conséquence.» Résultat : une personne sur deux n’est pas en phase avec le rapport qu’entretient son concubin ou son époux avec l’argent. Elle le juge soit dépensier, soit radin… Les dissonances sont d’autant plus difficiles à gérer que la majorité des couples ont une vision communautaire de l’argent. 87% d’entre eux considèrent en effet qu’il appartient indistinctement à l’un et à l’autre, quel que soit celui des deux qui l’a gagné. Logiquement, la gestion du budget est commune pour 47% des couples utilisant uniquement un compte joint, 28% y adjoignant des comptes personnels. Et pas plus de 23% fonctionnent seulement avec des comptes individuels, en priorité chez les concubins.
«On ne parle pas d’argent en phase amoureuse»
Globalement, on a donc peu de secret l’un pour l’autre. A 84%, on se dit même tout sur ses dépenses personnelles et sur leur montant exact. Seules 4% des personnes interrogées avouent cacher certains achats. Non pas tant par peur de la réaction de l’autre (34%), ou pour ne pas l’inciter à dépenser plus (10%), que pour protéger leur vie privée (41%). «L’argent pollue les relations du couple parce que la question de la gestion du budget n’est jamais mise à plat avant la vie commune, commente Marie-Claude François-Laugier, psychanalyste et auteur de l’ouvrage «Comment régler ses comptes avec l’argent» (Payot, 2004). On ne parle pas d’argent en phase amoureuse. C’est une question extrêmement taboue, bien plus que le sexe. Or, mieux vaudrait discuter sereinement de qui paie quoi et de la répartition des revenus sur les comptes respectifs. Cela éviterait à des couples de se déchirer sur des questions financières, parfois jusqu’à la rupture.»
L’argent n’influe pas sur le choix du statut de vie commune
Mais en amour, on ne compte pas. La question est donc passée sous silence à l’heure où l’on se décide à vivre ensemble, quel que soit le statut adopté. Y compris les mariés qui représentent 84% des 30 millions de Français vivant en couple. Même chose chez les concubins dont la part ne cesse d’augmenter. La proportion des personnes vivant en union libre durant plus de dix ans avant de se marier est passée de 7,5% en 1970 à 30% aujourd’hui. Ou chez les adeptes du pacte civil de solidarité (Pacs), en pleine expansion depuis sa création en 1999. Environ 60 000 pactes ont été signés en 2005, soit presque 50% de plus qu’en 2004. Dans tous les cas, avant de choisir leur statut de vie commune, 90% des personnes interrogées pour le sondage BPE / Mieux Vivre Votre Argent n’ont pris en compte aucune considération financière. Près de 10% des personnes mariées avouent même ne pas connaître leur régime matrimonial !
Anticipez le pire… pour le meilleur !
Le choix d’un statut peut pourtant se révéler explosif à l’heure de la séparation. Quand l’amour cède la place au désamour, l’idéal de «l’argent communautaire» vole en éclats et le partage des biens tourne au règlement de comptes. Alors que l’on dénombre désormais plus de deux divorces prononcés pour un mariage célébré, la raison voudrait pourtant que l’on se pose quelques questions patrimoniales avant de prendre telle ou telle option de vie commune. Les conséquences sont tout aussi importantes en cas de décès pour assurer l’avenir du survivant. Mieux Vivre Votre Argent vous invite à vous poser les bonnes questions dans ce dossier. Choisissez bien votre statut de vie commune après avoir pris connaissance de ses règles de propriété pour éviter l’éventualité d’un partage douloureux. Puis vérifiez que votre moitié est bien protégée si vous deviez la laisser seule. Faites cet effort. C’est une belle preuve d’amour !
Au sommaire de cette enquête :
Source : Mieux Vivre Votre Argent - Copyright : © Mieux Vivre Votre Argent 2006