Total annonce l'arrêt de ses raffineries de pétrole en France;© 2010 Thomson Reuters. ;Total annonce l'arrêt de ses raffineries de pétrole en France

Total annonce l'arrêt de ses raffineries de pétrole en France;© 2010 Thomson Reuters. ;Total annonce l'arrêt de ses raffineries de pétrole en France

Le groupe Total a annoncé ce mercredi que ses six raffineries installées sur le sol français (*) étaient "en cours d'arrêt" pour cause de <strong>grèves contre la réforme des retraites.  </strong>L'arrêt d'une raffinerie, processus très lourd, prend plusieurs jours.

"Les organisations syndicales ont annoncé leur intention de poursuivre la grève au-delà de 24 heures. Cela devient incompatible avec un fonctionnement normal pour des raisons de sécurité", a déclaré un porte-parole.

Dans cinq des six raffineries Total, entre 50% et 80% du personnel posté a cessé le travail mardi, selon la direction. A Feyzin (Rhône), où la CFDT est majoritaire, la mobilisation a été plus réduite.

"Les salariés regardent ce qui se passe dans les autres secteurs, ils ne veulent pas être les seuls dans un bras-de-fer avec le gouvernement, mais leur état d'esprit est combatif", a déclaré au lendemain de la grève Charles Foulard, coordinateur CGT à Total.

De plus, entre 300 et 500 manifestants on bloqué mercredi matin le dépôt de carburant du groupe situé à Cournon-d'Auvergne pour protester contre la réforme, a constaté l'Agence France Presse (AFP).

<strong>Pénurie de carburants à venir ?</strong>

En tout, neuf raffineries sur douze en France étaient en grève mardi. Des assemblées générales de grévistes auront lieu mercredi dans quasiment toutes pour décider d'une éventuelle reconduction de la grève. Outre les six raffineries de Total, deux autres seraient bloquées mercredi matin, selon la CGT.

Selon les syndicats, la question de la pénurie de carburants pourrait se poser à court terme dans les stations-services.

"Il n'y a pas de problème d'approvisionnement en carburants, les dépôts sont pleins", a cependant précisé une porte-parole de Total ce matin.  Le secrétaire d'Etat aux Transports, <strong>Dominique Bussereau, s'est également voulu rassurant</strong> sur cette question sensible. Les autorités ont rappelé qu'elles disposaient, en cas de pénurie, de 90 jours de stocks de sécurité.

En Loire-Atlantique, l'annonce de l'arrêt de la production de la raffinerie de Donges a entraîné un réflexe de précaution des habitants et des ruptures de stock de certaines stations-service, a constaté l'AFP.

La pénurie pourrait, dans tous les cas, concerner assez rapidement le sud-est, les terminaux pétroliers de Marseille (Fos-Lavera) étant entrés ce mercredi dans leur 17e jour de grève. Entre 50 et 60 pétroliers sont ainsi en attente de débarquer afin de ravitailler les raffineries de pétrole. Les syndicats protestent contre la réforme portuaire, qui doit créer une filiale en charge de la gestion des terminaux. Ils tentent également se se faire entendre sur la question de la pénibilité des leurs métiers, sujet au coeur de la réforme des retraites.

A cause de ce blocage, l'industrie chimique française (pétrochimie, chimie fine, chimie de spécialités) estime avoir "déjà perdu 550 millions d'euros de chiffre d'affaires", a annoncé la fédération professionnelle UIC, soulignant que cela arrive à un moment où l'industrie chimique en France "est encore en convalescence" après la crise économique.

<em>(*) Les raffineries de Total sont installées à Gonfreville L'Orcher (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), près de Martigues (Bouches-du-Rhône), à Feyzin (Rhône), Grandpuits (Seine-et-Marne) et près de Dunkerque (Nord, déjà à l'arrêt depuis un an).</em>

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