FIP - fonds d'investissement de proximité



Nés avec la loi Dutreil, les fonds d'investissement de proximité (FIP) sont venus compléter en 2003 le dispositif de soutien aux PME déjà en place avec les fonds communs de placement dans l'innovation (FCPI). Accessibles pendant deux périodes de l'année (voir encadré), les FIP permettent d'accéder au marché des sociétés non cotées dans un cadre fiscal favorable. Comme pour les Sicav, l'investissement est accessible avec un montant faible, et l'épargne est pilotée par un professionnel. Un pourcentage de 60 % de l'actif doit être investi dans des PME. Par contre, il n'existe aucune contrainte sur le solde du portefeuille.

Les principales différences entre FIP et FCPI ? Si, dans les deux cas, vos actifs sont essentiellement placés dans des PME, le FIP n'a pas de contrainte sectorielle mais une obligation d'investir dans quatre régions limitrophes. Autre exigence : 10 % au minimum de l'actif doivent être consacrés à des PME de moins de cinq ans, et jusqu'à 20 % pour le FIP "ISF".

Le capital est-il garanti ?

Non. Il existe même un risque de perte de capital très grand pour deux motifs. Un, il s'agit principalement d'un placement en actions. Deux, la mortalité des PME est plus élevée que celle des grandes entreprises. Certaines lignes du portefeuille peuvent ainsi être réduites à néant.

L'argent est-il disponible ?

Non. Ces produits sont très difficiles à céder avant leur terme. Du reste, pour conserver les avantages fiscaux, vous devez garder le fonds au moins cinq ans. Sauf cas de décès, d'invalidité ou de licenciement du porteur de parts ou de son conjoint soumis à imposition commune.

Combien ça rapporte ?

Difficile de se prononcer, les premiers millésimes des FIP n'étant pas échus. En investissant dans des sociétés plus matures que son cousin, le FCPI, votre espoir de gain est moins élevé. La performance devrait correspondre, à terme, à celle des actions.

Quelle est la règle fiscale ?

A l'entrée, l'avantage fiscal permet de réduire ses impôts, l'année suivant la souscription, de 25 % de son investissement, frais d'entrée inclus, pris en compte dans la limite de 12 000 euros pour un célibataire et de 24 000 euros pour un couple. Soit un gain maximal respectif de 3 000 (12 000 x 25 %) et de 6 000 (24 000 x 25 %) euros. Attention, les FIP entrent dans le calcul du plafond global des niches fiscales. De plus, à compter de 2011, la réduction d'impôt devrait passer à 22 %. Au bout de cinq ans, la plus-value est exonérée d'impôt, mais reste soumise aux 12,1 % (12,3 % en 2011) de prélèvements sociaux. Certains FIP "ISF" permettent une réduction de l'impôt de solidarité sur la fortune, égale à 50 % des sommes investies mais est plafonnée à 20 000 euros.

Où souscrire ?

La centaine de FIP constitués chaque année sont accessibles auprès de réseaux bancaires, de conseillers en gestion de patrimoine, ou de plates-formes en ligne spécialisées comme best-fcpi.com, mes-fcpi.com, hedios.com ou hausmann-patrimoine.fr.

Notre avis

La crise économique devrait encore toucher les PME en 2011

Durée recommandée : dix ans

Risque de perte sur un an : 50 %

PRATIQUE

Deux rendez-vous annuels

La campagne traditionnelle de commercialisation des FIP, tout comme des FCPI, a lieu à l'automne. L'avantage fiscal est alors de réduire son impôt sur le revenu. Mais depuis la loi Travail, emploi et pouvoir d'achat d'août 2007, certains FIP ou FCPI permettent d'obtenir une réduction à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Si quelques FIP "ISF" sont disponibles en fin d'année, la plupart sont commercialisés de mars à juin. Avant le 15 juin précisément, date de remise de la déclaration ISF. Rappel : la réduction à l'ISF peut être cumulée avec celle de l'impôt sur le revenu. Mais il faut pour cela deux souscriptions distinctes.