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Mise à jour : dimanche 10 novembre 2013 18:15 | Par lesechos.fr

Expulsion de Leonarda : le film de la journée de mercredi

+ VIDEOS - Les conditions de l'expulsion de Leonarda, renvoyée avec sa famille au Kosovo, suscitent l'indignation à gauche, avec en ligne de mire le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.


Les conditions de l'expulsion d'une collégienne rom kosovare avec sa famille a littéralement embrasé la classe politique depuis mardi soir, une partie de la gauche s'en prenant avec virulence à Manuel Valls. Jean-Marc Ayrault s'est efforcé de couper court à cette nouvelle polémique dans la majorité en promettant de réparer une éventuelle « faute », alors que le ministre de l'Intérieur invoque le droit. L'UMP demande à François Hollande de sortir de son silence et trancher.

Retrouvez ci-dessous, dans un ordre déchronologique, le feuilleton de la journée de mercredi

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Leonarda raconte sa situation

« Je ne parle même pas l'albanais », s'exclame Leonarda Dibrani, collégienne kosovare expulsée de France le 9 octobre qui découvre encore incrédule le faubourg de Mitrovica, ville du nord du Kosovo où elle réside désormais avec sa famille. « Je n'ai aucune chance ici, je ne connais personne, je n'ai pas de maison et si Dieu existe nous serons dans le premier avion à destination de la France », poursuit cette fille menue, aux cheveux et aux yeux bruns. Leonarda assure que sa « vie est en France » et refuse de concevoir son avenir au Kosovo. « Ici, j'ai peur, je ne parle pas la langue et je ne veux même pas sortir de la maison. Là-bas j'avais la liberté, je ne veux pas rester ici », insiste-t-elle.

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Pour Copé, Hollande doit sortir de son silence et trancher

Dans un communiqué, Jean-François Copé affirme que François Hollande ne peut « pas rester silencieux »après le « nouveau couac »autour de la politique d'immigration de son gouvernement. Le président de l'UMP estime que « la mascarade n'a que trop duré »et qu'il était « urgent que le président de la République assume ses responsabilités et tranche ».

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Vaillant s'émeut du cas d'un lycéen arménien

Le député-maire PS du XVIIIe arrondissement de Paris, Daniel Vaillant, rend public un courrier à Manuel Valls dans lequel il demande au ministre de l'Intérieur de « réétudier le dossier »d'un lycéen arménien expulsé le week-end dernier. Agé de 19 ans, Khatchik Khachatryan, scolarisé au lycée professionnel Camille-Jenatzy, dans le XVIIIe, a été expulsé samedi vers l'Arménie. Par solidarité, plusieurs centaines de lycéens parisiens ont manifesté ce mercredi devant le rectorat de Paris (XXe), à l'appel notamment du syndicat lycéen Fidl et du Réseau éducation sans frontières (RESF).

Dans son courrier daté du 16 octobre, Daniel Vaillant, qui fut ministre de l'Intérieur de Lionel Jospin entre 2000 et 2002, sollicite l'intervention de Manuel Valls « afin que son dossier soit réétudié pour savoir s'il est possible d'envisager son retour en France »pour la fin de sa scolarité. L'élu parisien explique que ce jeune Arménien se trouvait en France au moment de ses 18 ans et qu'il n'a donc pas effectué son service militaire dans son pays « comme il aurait dû »à cet âge-là. « Il serait donc sous le coup d'une législation sévère avec les déserteurs dans son pays d'origine (plusieurs années de prison) », ajoute Daniel Vaillant.

Selon RESF, le lycéen a été incarcéré à son arrivée en Arménie avant d'être relâché, et il devrait être enrôlé pour effectuer son service militaire début novembre. Khatchik Khachatryan est le cinquième jeune majeur scolarisé à être expulsé depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir au printemps 2012, affirme RESF. Selon les éléments fournis par Daniel Vaillant, il est arrivé en France avec ses parents et sa soeur en février 2011. Leurs demandes d'asile politique ont été rejetées en mars 2012, décision confirmée en janvier 2013 après un recours administratif.

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Les communistes exigent l'arrêt immédiat des expulsions de jeunes étrangers scolarisés

Dans un communiqué, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, « exige »de François Hollande « un engagement solennel et immédiat de stopper toute expulsion de jeunes étrangers scolarisés ». Le sénateur de Paris écrit : « L'expulsion de la jeune collégienne Leonarda est une honte pour la République »et « les conditions de cette expulsion ajoutent à l'indignité de cet acte qui disqualifie les politiques conduites par Manuel Valls ». « J'exige du président de la République un engagement solennel et immédiat de stopper sans délai toute expulsion de jeunes étrangers scolarisés, mineurs ou majeurs, dans notre pays », ajoute le numéro un communiste. Il appelle aussi à « prendre des initiatives dans tout le pays, à pétitionner et à manifester aux côtés des associations pour obtenir cet engagement au plus vite ». « C'est la seule manière de laver l'affront que viennent de subir les valeurs de la République », conclut Pierre Laurent.

Son parti avait auparavant assuré que la « ligne rouge » avait été franchie avec l'expulsion de la jeune Kosovare, remise à la police pendant une sortie scolaire, mais sans demander la démission de Manuel Valls, contrairement à ses partenaires du Parti de gauche, au sein du Front de gauche.

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Un député EELV, qui connaît bien la famille, raconte les circonstances de l'expulsion

Eric Alauzet, député EELV de la circonscription où résidait la famille de la collégienne kosovare expulsée, affirme que « le préfet n'a pas été informé de la situation ». « C'est donc difficile de le mettre en cause », explique à la presse le député, qui connaît bien la famille, en racontant les circonstances de l'expulsion. Selon lui, « c'est un dérapage qui est le résultat de conditions fortuites ».« Ce n'était pas prévu comme ça. Le programme prévu, c'était d'aller chercher la famille de bonne heure pour aller à l'aéroport », a-t-il dit.

Le matin du 9 octobre, « tout le monde était là dans la famille, les cinq enfants, la police, le maire de Levier, l'ancien maire. Il en manquait une, Leonarda ».« L'ancien maire, qui connaît bien Leonarda, l'appelle sur son portable et là tout le monde s'aperçoit qu'elle était dans le bus scolaire car elle avait dormi chez une copine ». « C'est à ce moment-là que les officiers de police auraient sans doute dû en référer à leur hiérarchie. Ils n'ont pas pris la bonne décision au bon moment », a-t-il estimé.

Eric Alauzet était déjà intervenu auprès du préfet pour que « l'expulsion permette au moins le regroupement familial »parce que « le père était en rétention en Alsace, la famille dans le Doubs et il avait été question un moment que la famille soit expulsée dans des pays différents ».

Mais davantage qu'à des personnes, le député en veut surtout au « climat délétère »de notre pays « qui peut amener des dérapages ». « Il y a trop de situations de rejet et de stigmatisation », a-t-il ajouté.

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« S'il y a eu faute », l'arrêté d'expulsion sera annulé, promet Ayrault

Jean-Marc Ayrault promet à l'Assemblée nationale que l'arrêté d'expulsion de la collégienne kosovare serait annulé si l'enquête administrative sur cet éloignement, dont les résultats seront connus « dans 48 heures », montrait qu'une « faute »avait été commise.

« S'il y a eu faute, l'arrêté de reconduite à la frontière sera annulé. Cette famille reviendra pour que sa situation soit réexaminée en fonction de notre droit, de nos pratiques et de nos valeurs », assure le Premier ministre, interrogé par le président du groupe UMP, Christian Jacob. Le Premier ministre reconnaît « qu'hier et aujourd'hui, une émotion particulière s'est exprimée concernant une jeune fille membre de cette famille, interpellée alors qu'elle était dans un bus scolaire ». Cette émotion, « je l'ai entendue, je la comprends », dit-il. Selon lui, « la base de l'Etat républicain, c'est le droit (...) mais c'est aussi l'humanité et la fraternité ».

Il a notamment rappelé que les arrêtés de reconduite à la frontière « n'autorisent pas que les enfants soient interpellés dans l'enceinte scolaire »ou lors de déplacements organisés par l'école.

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Le retour de Leonarda serait « un très mauvais signal », estime un proche de Valls

Le sénateur PS Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, affirme ce jeudi que le retour en France de Leonarda serait « un très mauvais signal »dès lors qu'une décision de justice avait été appliquée. « Ce serait un très mauvais signal vis-à-vis des concitoyens que de dire que le gouvernement s'asseoit sur ce que la justice décide. On continuerait de nourrir les extrémismes et les populismes », a commenté le sénateur du Val-de-Marne dans une interview accordée à publicsenat.fr.

Selon Luc Carvounas, « chacun comprend et mesure que l'action qui est la nôtre, celle de François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, est non seulement légitime, mais (...) appliquée avec beaucoup d'humanité ». « Je ne crois pas que c'était l'adage du gouvernement Fillon ou de la présidence de Nicolas Sarkozy. En cela, cette gauche qui est au pouvoir est vraiment une gauche humaniste », dit-il.

« J'ai entendu certains de mes amis socialistes s'interroger. Il faut garder son sang-froid (...) Il faut faire attention. On est dans un moment important de la vie politique française. On sort de la séquence de Brignoles », poursuit le sénateur PS. Selon lui, « le gouvernement et Manuel Valls ne donneront jamais, en aucun cas, des instructions pour aller chercher des élèves dans des écoles ».

« Je comprends bien qu'on ait envie de jouer quelques petites musiques pour déstabiliser l'exécutif, le président de la République, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et l'un des piliers de ce gouvernement », lance-t-il, en allusion au ministre de l'Intérieur.

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Leonarda raconte sa « honte »

Dans un entretien diffusé sur France Inter, la collégienne expulsée avec sa famille au Kosovo raconte sa honte et son désir de rentrer en France pour reprendre les cours. « Ca fait mal au coeur d'abandonner mes amis, l'école, tout le monde. J'avais honte aussi parce que la police est venue et mes camarades m'ont demandé : « Pourquoi la police ? Qu'est-ce que tu as fait ? Tu as volé ? », déclare-t-elle, depuis Mitrovica, dans le nord du Kosovo, où elle vit désormais. « J'ai dit : « Non, je peux pas vous répondre maintenant" parce que la police me disait « On n'a pas le temps, il faut y aller » », ajoute-t-elle.

Priée de dire si elle et sa famille avaient des attaches à Mitrovica, elle répond : « Non, on dort dehors, on dort sous des ponts et j'ai même pas le droit d'aller à l'école ici », parce que, dit-elle, elle est Rom. « Tout ce que je veux, c'est avec ma famille venir en France, recommencer mes cours pour avoir un avenir. Le truc le plus important, c'est l'école », ajoute-t-elle.

Sur les circonstances de son interpellation, elle explique : « J'étais en sortie avec le collège et on devait aller visiter l'usine de Peugeot à Sochaux et, à sept heures et demie, j'ai eu un appel de l'ancien maire de Levier », leur lieu de résidence. « Il m'a demandé où j'étais, j'ai apporté mon téléphone à la « prof », il a parlé avec elle, on s'est arrêté au collège Lucie Aubrac à Pontarlier, je suis descendue du bus avec la « prof », j'étais dans les bras de la « prof » en train de pleurer. »

Leonarda était scolarisée en classe de 3e.

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Les précisions de la préfecture de police du Doubs

La préfecture de police du Doubs précise que la famille de nationalité kosovare était entrée irrégulièrement en France en janvier 2009. Leur demande d'asile a été rejetée en août 2009, puis en appel en janvier 2011. Une demande de réexamen de leur dossier a été rejetée. Après un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire prononcée en septembre 2011, dont la légalité a été confirmée en janvier 2012, le jugement a été confirmé en appel en février 2013, dit-elle.

Le père a été expulsé le 8 octobre de France. La mère et ses six enfants le 9 octobre.

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Hollande veut « y voir plus clair avant de commenter les faits »

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, indique que François Hollande a estimé en marge du Conseil des ministres qu'il fallait « y voir plus clair avant de commenter les faits ». Précisant que « l'affaire n'avait pas été évoquée »en Conseil des ministres mais lors d'une conversation entre le président, le Premier ministre et elle-même, Najat Vallaud-Belkacem a relevé qu'  « il y a des divergences d'appréciation sur la façon dont les choses se sont réellement passées ». « Il nous appartient d'y voir plus clair avant de commenter les faits », a déclaré le chef de l'Etat, selon elle.

Rappelant que « le ministre de l'Intérieur (Manuel Valls) a décidé de lancer une enquête », Najat Vallaud-Belkacem insiste : « Attendons d'y voir plus clair ».

Pour la porte-parole du gouvernement qui reprend à son compte les mots du ministre de l'Education nationale Vincent Peillon, « il ne fait de doute pour personne que l'école doit être sanctuarisée ». « Je comprends l'émotion », assure-t-elle, affirmant qu'il s'agissait de concilier « à la fois la fermeté à l'égard de la loi qui doit s'appliquer et l'humanité qui guide »l'action du gouvernement.

Selon elle, l'ouverture d'une enquête a été « convenue »par Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls « qui étaient tous deux conscients de la nécessité d'y voir plus clair ». « Les uns et les autres pourront exprimer leurs opinions lorsque nous saurons plus précisément dans quelles conditions cette jeune fille a été reconduite », observe-t-elle encore.

Interrogée sur les critiques acerbes des dirigeants socialistes, Najat Vallaud-Belkacem juge qu'il était « sain que les responsables expriment une émotion lorsqu'ils pensent que les choses ont pu mal se dérouler », rappelant une nouvelle fois sa position : « attendons (que l'enquête) rende ses conclusions avant de nous exprimer davantage ».

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Pour le PS la collégienne doit « pouvoir revenir dans sa classe » en attendant l'enquête administrative

« Aujourd'hui, le gouvernement demande une enquête administrative urgente, c'est un premier pas. En attendant, Leonarda doit pouvoir revenir dans sa classe », déclare Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, en rappelant que la décision avait été prise au niveau de la préfecture du Doubs.

Le premier secrétaire du PS suggère un fusible - le préfet du Doubs, Stéphane Fratacci - en rappelant qu'il appartenait, de par la loi, aux autorités préfectorales d'évaluer « chaque situation ».

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Peillon demande qu'on « sanctuarise l'école »

A l'issue du Conseil des ministres à l'Elysée, Vincent Peillon, le ministre de l'Education, demande qu'on « sanctuarise l'école »et « que cette situation ne se renouvelle pas ». « Il y a des règles de droit et puis il y a des principes qui sont ceux de la France. La sortie scolaire, c'est de la scolarité », déclare-t-il. Il assure cependant qu'  « il n'y a pas de polémique. Il y a une enquête administrative que le ministre de l'Intérieur a ouverte ce matin (...) J'y souscris pleinement ».

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Valls demande que « chacun garde son sang-froid »

En marge d'un déplacement à Lorient, Manuel Valls demande « que chacun garde son sang-froid », avant de recommander d'attendre le rapport de l'inspection générale de l'administration qui doit se pencher sur le sujet. « Ne doutez pas un seul instant que les règles de droit public sont appliquées avec intelligence, discernement, humanité (...) par mes services », ajoute-t-il.

« Je comprends toutes les émotions et la politique que je mène n'est pas facile pour moi et pour ceux qui l'appliquent concrètement sur le terrain », déclare-t-il encore, soulignant que «  cette reconduite à la frontière s'est déroulée dans le respect du droit, dans le respect des personnes ».

« Il faut bien procéder à ces reconduites à la frontière. C'est un sujet difficile bien sûr mais une politique migratoire (...) demande le respect du droit, le respect des personnes et une très grand fermeté. Je suis comptable de cela, c'est la mission que le Premier ministre et le président de la République m'ont confiée. Je suis comptable de cela devant les Français », dit Manuel Valls.

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La polémique monte à gauche

La gauche « ne saurait transiger avec les valeurs, sous peine de perdre son âme », s'indigne le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, dans un tweet. « Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la Gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme », écrit-il.

Presque concomitamment, deux responsables du PS ont également tweeté pour exprimer leur fort mécontentement, l'un d'entre eux se montrant particulièrement incisif à l'encontre du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, en prônant même sa démission du gouvernement.

« Perso, je ne me vois pas rester à la direction du PS si rien n'est fait pour #Léonarda j'en tirerai les conséquences », a appuyé dans un autre twitt Stéphane Delpeyrat, le secrétaire national du PS à la Recherche, évoquant « la goutte d'eau » qui fait déborder le « vase ».

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Mardi 14 octobreValls assure veiller « au respect des droits des étrangers »

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls justifie les conditions de l'expulsion et assure veiller « au respect des droits des étrangers ». Dans un communiqué, il affirme appliquer « avec fermeté les décisions d'éloignement tout en veillant scrupuleusement au respect des droits des étrangers qui font l'objet d'une mesure d'éloignement ».

Selon Manuel Valls, lorsque la police aux frontières du Doubs et la gendarmerie « se sont rendues au domicile de la mère et des enfants pour assurer leur retour au Kosovo », elles ont constaté que « l'une des enfants était absente ». « Un membre du comité de soutien de la famille a, en présence de la mère, appelé cette jeune fille sur son téléphone portable. Il a été convenu entre la famille, le représentant de son comité de soutien, l'enseignante en charge de la sortie scolaire et les forces de l'ordre de laisser la jeune fille sortir du bus afin de lui permettre de rejoindre sa famille dans le cadre de l'exécution de la mesure d'éloignement », précise le ministre.

« La jeune fille est descendue du bus pour attendre les fonctionnaires qui sont venus la prendre en charge », ajoute-t-il, se bornant à affirmer qu'il s'agit d'une famille kosovare.

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Le PS demande des comptes

Le porte-parole du PS David Assouline demande mardi que « les circonstances et les responsabilités qui ont amené la préfecture à prendre une telle décision doivent être clairement établies ». Le PS juge « choquantes », dit-il, les conditions dans lesquelles la collégienne a été remise à la police alors qu'elle participait à une sortie scolaire à Pontarlier, dans le Doubs. « Faire descendre d'un bus par les forces de l'ordre une élève devant l'ensemble de ses camarades de classe est insupportable et inacceptable », estime David Assouline. « Le PS rappelle avec force son attachement à la prise en compte de la situation particulière des mineurs étrangers scolarisés », ajoute-t-il, estimant qu'il appartenait à la préfecture d'appliquer les textes législatifs et réglementaires « avec humanité ».

Le député socialiste Pouria Amirshahi exprime son « effroi » dans un communiqué, et demande « le retour immédiat de Léonarda ainsi que sa famille en France ».

Dans un communiqué distinct, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) prie « le ministre de l'Intérieur d'apporter des explications à cette affaire et de rassurer l'ensemble des humanistes en affirmant que des policiers ne peuvent pas arrêter des élèves dans le cadre scolaire ». « De tels actes seraient un révélateur du manque de changement en terme de politique migratoire depuis la triste période Hortefeux-Guéant-Besson-Sarkozy », ajoute le MJS, appelant le ministre de l'Intérieur à régulariser Leonarda et sa famille.

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Le parti de gauche fustige la « politique inhumaine » de Valls

Dans un communiqué, le Parti de gauche fustige la « politique inhumaine » du ministre de l'Intérieur. « Manuel Valls a beau jeu de décréter que les Roms ne veulent pas s'intégrer, alors même qu'il les pourchasse jusque dans les écoles. La politique inhumaine conduite par Manuel Valls est une honte pour la France », s'insurge le PG , estimant que « la lepénisation des esprits a décidément pris ses quartiers place Beauvau ».

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RESF donne l'alerte

Réseau éducation sans frontières (RESF) diffuse des témoignages sur son site sur l'expulsion vers le Kosovo, le 9 octobre, de Leonarda, une adolescente de 15 ans. Avec ses parents et ses cinq frères et soeurs, la collégienne faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français après avoir été déboutée de ses demandes d'asile, a précisé la préfecture du Doubs.

Le secrétaire général de cette préfecture, Joël Mathurin, a affirmé à l'AFP qu'il ne s'agissait pas « de l'arrestation d'une jeune fille dans sa classe ». La mère et cinq de ses enfants étaient dans leur logement à Levier (Doubs) le matin de l'expulsion, mais Leonarda, élève de 3e au collège André Malraux de Pontarlier, ne s'y trouvait pas car elle était partie en excursion avec sa classe. « La maman a joint sa fille sur son téléphone portable pour lui dire qu'elle devait les rejoindre et l'adolescente est descendue du car scolaire où elle se trouvait, en toute discrétion. Elle a été prise en charge par les policiers et ramenée à sa mère avant de partir pour Lyon et de décoller avec sa famille en direction du Kosovo », a indiqué Joël Mathurin.

Selon le récit d'une enseignante présente dans le bus, rendu public par le Réseau éducation sans frontières (RESF), l'autocar s'est finalement arrêté sur le parking d'un autre établissement scolaire, le collège Lucie Aubrac de Doubs, où des policiers sont venus chercher la jeune fille, hors de vue de ses camarades.

Via un article mis en ligne par RESF, les professeurs du collège et du lycée de Pontarlier où étaient scolarisées Leonarda et une des soeurs se sont déclarés « profondément choqués par les méthodes utilisées pour renvoyer des enfants issus de la minorité rom vers des pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue », et ont demandé « le retour immédiat des enfants en France pour leur sécurité ».

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