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Vivre entre deux résidences à moindre coût

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De plus en plus de Français font la navette entre deux résidences. Une situation parfois coûteuse. Voici comment optimiser les différentes dépenses, sans rogner sur la qualité de vie.
Plus de 20% des retraités disposent d’une résidence secondaire… L’occasion pour eux de partager leur vie entre deux adresses. N’est-il pas agréable, en effet, d’être à Paris l’été et dans le Sud en hiver ? De leur côté, nombre de cadres passent la semaine en célibataire dans une ville et le week-end en famille dans une autre pour répondre aux exigences de la mobilité professionnelle. « On assiste à un développement des migrations pendulaires de plus ou moins grande ampleur pour corriger les déséquilibres du marché du travail », constate la sociologue Ferial Drosso, dans une étude sur les enjeux du logement. Imposée ou choisie, une telle situation amène ces nouveaux nomades à gérer deux logements et de multiples déplacements. Les nombreuses lignes de TGV et les navettes aériennes leur facilitent la tâche. De même que le développement des moyens de communication autour du portable et d’Internet. Dans tous les cas, s’ils ne veulent pas, comme dans la chanson, d’une «maison sans poutres, ni chevrons», ces birésidents doivent faire face au coût de la double domiciliation…
Certes, chacun accepte de gonfler ce budget en fonction de son aspiration à un certain confort. Jacques a préféré l’avion au TGV pour rallier Avignon. Il lui en coûte le double du prix pour gagner à peine une heure. Mais il entend profiter au maximum de son temps libre quand il est dans le Lubéron. Pour Corinne, nommée à Dijon alors que son concubin travaille à Marseille, cette double vie lui revient à 10 000 euros par an sans compter les frais d’installation. Mais elle a préféré un deux pièces à un studio, même si cela lui coûte 2 600 euros de plus par an. Sur un tel budget, ne serait-ce que 10% d’économies ne sont pas à négliger. Passons en revue les différents postes avec des solutions variées, selon le cas de chacun.
Les assurances
La meilleure couverture, vous la trouverez du côté des mutuelles. Un seul et même contrat à la Maif ou à la GMF permet ainsi d’assurer deux logements au titre de résidence principale. Cette assurance fonctionne donc même quand vous n’êtes pas sur place et vous ne payez qu’une fois la garantie de responsabilité civile ! La majorité des assureurs demandent, eux, que vous choisissiez une résidence principale, celle où vous êtes censé passer le plus de temps. Pour eux, résidence secondaire équivaut, du fait de l’absence d’occupants, à des risques aggravés en matière de vol ou de dégât des eaux. Dans la plupart des cas, la prime est donc plus élevée, tandis que certaines clauses limitent les garanties, notamment sur les objets de valeur. Les solutions pour s’en sortir ? Tentez d’abord de négocier une ristourne puisque vous souscrivez deux contrats. Un courtier sera plus prompt à faire un geste commercial. Passez aussi par un assureur local : il se déplacera et vous fera véritablement une proposition sur mesure. Solange a ainsi pu négocier une prime très correcte pour sa maison du Vaucluse, comprenant également une grange et une ancienne distillerie que les compagnies parisiennes ne savaient comment assurer… Autre possibilité : faire l’impasse sur certaines garanties. Tel a été le choix de Simon et Valérie pour leur maison de Bourgogne. Les jolis bibelots dénichés dans les vide-greniers seraient de toute façon très mal remboursés. En revanche, si vous avez des objets précieux, regardez bien le détail des protections prévues ou… équipez-vous d’un coffre. Côté assurance auto, vous pouvez aussi faire baisser la prime d’un véhicule que vous laissez sur place et qui roule peu. Chez Axa, aux AGF ou encore aux MMA, la facture chute de 10 à 25% si vous faites moins de 7 000 à 9 000 kilomètres par an.
Les télécommunications
Attention, ce poste peut finir par avoir un poids colossal. Autant donc faire un point sur ses réels besoins. Le téléphone portable constitue la solution la plus simple et la plus économique. Mais elle pose parfois problème. «Comme tous mes amis n’ont pas de portable, j’ai gardé mon fixe», explique François. Bonne nouvelle : pour les résidences secondaires, France Télécom donne la possibilité d’interrompre son abonnement pendant un mois minimum et ce à raison de six fois dans l’année. Il vous en coûtera alors seulement 4,69 euros par mois au lieu de 13 euros.
Pour Internet, en revanche, impossible de bénéficier de la moindre ristourne. Car les abonnements sont liés au numéro de la ligne téléphonique ! Si vous êtes dans une zone dite «dégroupée», il peut être intéressant de passer par un opérateur ADSL comme Alice, Free ou Neuf Telecom. Pour environ 30 euros mensuels en dégroupage total, vous aurez accès à l’Internet haut débit et au téléphone illimité.
Le logement
Si vous êtes muté, vous vous interrogez : faut-il acheter ou louer ? Pour un salarié ayant besoin d’un pied-à-terre momentané, il peut être intéressant de s’orienter vers un meublé. Un peu plus cher, il vous évitera les frais de déménagement et d’équipement en gros électroménager. A Paris ou à Nice, par exemple, des sociétés comme Lodgis, Capitale Partners ou Home Rental Service proposent des produits adaptés à ce type de besoin.
Mais attention au tarif quand il inclut le ménage ou le linge de maison ! A moins d’en négocier la prise en charge par votre entreprise. L’achat d’un appartement, susceptible ensuite d’être loué, peut aussi être envisagé. D’autant que vous pourrez alors déduire de vos revenus les frais liés à l’acquisition, notamment les intérêts d’emprunt.
En revanche, si vous êtes retraité et déjà propriétaire de deux résidences, la principale question concerne l’entretien des biens. Car un bien non entretenu se dégrade vite. Si vous ne souhaitez pas vous en occuper, n’hésitez pas à en confier l’intendance à une société spécialisée.
La fiscalité
La nouveauté de la loi de finances pour 2006 consiste en un crédit d’impôt de 1 500 euros si vous déménagez à plus de 200 kilomètres pour reprendre une activité salariée. Mais vous avez encore plus à gagner avec le régime de double résidence, si vous êtes contraint, pour des raisons professionnelles, d’habiter dans un lieu distinct du domicile habituel. Il s’agit de remplacer l’abattement de 10% par la déduction de toutes les dépenses supplémentaires liées à votre situation : loyers et frais annexes, frais de repas supplémentaires à condition de prouver que l’on est contraint de les prendre au restaurant le soir, frais de déplacement à raison d’un aller-retour par semaine, y compris par avion quand la durée du voyage le justifie. De plus, un arrêt du Conseil d’Etat (6 octobre 2004) assouplit les conditions de déduction des frais réels. Désormais, dès lors que le conjoint, concubin ou pacsé travaille, le contribuable est en droit de déduire les frais réels. Toutefois, la notion de frais réels reste à manier avec précaution. Si votre conjoint ne travaille pas, la situation n’est pas censée s’éterniser. Et gardez bien en tête que c’est à vous d’apporter la preuve que vous supportez des frais supplémentaires.
Par ailleurs, si vous n’êtes plus en activité et partagez votre temps entre deux maisons, vous avez encore la possibilité de faire baisser votre taxe d’habitation. Pour la résidence principale, certaines communes appliquent un abattement de 5 à 15% sur la valeur locative nette qui sert de base à l’imposition. L’astuce consiste alors à choisir comme résidence principale celle située sur la commune qui applique le dégrèvement le plus élevé. Autre avantage : seule la résidence principale permet de bénéficier d’un crédit d’impôt pour travaux. Si vous souhaitez y installer un chauffe-eau solaire, ou tout autre appareil fonctionnant avec une énergie renouvelable, vous pourrez déduire l’équivalent de 50% des dépenses dans la limite de 16 000 euros pour un couple. Et si vous entreprenez des travaux destinés à sécuriser ou à aménager votre résidence pour vos vieux jours, vous pourrez encore déduire 25% de la facture dans la limite de 10 000 euros pour un couple.
Négociez avec votre entreprise
«C’est essentiellement quand une entreprise débauche un salarié qu’elle prend en charge les frais de double résidence», indiquent Philippe Fresse et Patricia Szenik, consultants seniors chez Altedia Drouot. Christophe s’est ainsi fait payer son loyer pendant huit mois, ainsi que le remboursement de ses frais de déplacement entre Le Havre et Le Mans où sa famille était restée. Comme l’offre est rarement spontanée, la négociation est généralement de mise… La discussion peut aussi porter sur un aménagement des horaires, en travaillant par exemple un jour par semaine chez soi ou en partant plus tôt le vendredi. Pour gérer la mobilité de leurs cadres, les grosses entreprises, comme Dior, ont des accords avec des résidences hôtelières ou des loueurs en meublé. D’autres, comme Ikea, proposent une aide à la mobilité. Pensez enfin au 1% logement qui, via Mobili-Pass, apporte une aide allant jusqu’à 1 600 euros.
Confiez votre maison à un intendant 
Entretenir deux résidences à la fois n’est pas une sinécure. Et on ne peut pas compter sur l’aide d’un voisin à longueur d’année ! Vous avez alors la possibilité de passer par un professionnel assurant toute une palette de services : entretien des pelouses et des haies, approvisionnement en bois ou en fioul, ménage, entretien de la piscine… Suivant le contrat, votre intendant s’occupera essentiellement de mettre en état votre maison (www.residclean.com) ou de la préparer avant votre arrivée (www.saumurservices.com), voire de prendre en charge toute la gestion, allant des menus travaux à la décoration de Noël (www.todotoday.fr). Lorsqu’elles sont agréées comme société de services, ces entreprises bénéficient d’une TVA à 5,5% et vous permettent de déduire de vos impôts 50% des dépenses dans la limite de 12 000 euros pour un couple, soit une réduction de 6 000 euros par an maximum.
Source : Mieux Vivre Votre Argent - Copyright : © Mieux Vivre Votre Argent 2006