Dix contribuables témoignent - MSN Finances - La déclaration des impôts sur le revenu
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Dix contribuables témoignent

Laurence ollivier
Dix contribuables témoignent. Ils ont tous payé pour savoir. Enrichissez-vous ! Mettez à profit leur expérience.
Laurence Ollivier, journaliste, chroniqueuse pour MSN Finances.
L’arroseur, arrosé !
Nathalie, 58 ans, libraire
Nathalie, 58 ans, libraire
« Après mon divorce, j’étais dans les choux… J’ai déclaré le salaire de mon fils, sans préciser qu’il était apprenti. L’année suivante, je me suis aperçue de mon erreur. J’ai donc pris contact avec mon centre des impôts, auquel j’ai communiqué les justificatifs en ma possession. Le fisc m’a remboursée sans difficulté. Mais, manque de chance, en ouvrant mon dossier ils ont aussi levé un lièvre. Je l’ignorais, mais j’avais oublié de déclarer une plus-value sur de l’argent placé. Habituellement, dans un tel cas, la banque vous adresse un imprimé type à joindre à votre déclaration de revenus. Or je ne l’ai jamais reçu ! Bilan de l’opération ? Nul ! En effet, le hasard a voulu que le fisc me reprenne, au centime près, ce qu’il m’avait remboursé auparavant. »
Si j’avais su …
Éliane, 62 ans, retraitée
Éliane, 62 ans, retraitée
« Mon entreprise m’avait versé une prime de départ à la retraite de 1 500 euros. C’est idiot, mais je n’ai pas voulu la déclarer. Je l’avais bien méritée cette prime, et je pensais qu’elle passerait « à l’as ». Du coup, je me suis offert un superbe voyage aux Antilles. Mais, deux ans après, une lettre des impôts m’a fait redescendre sur terre. Les agents de mon centre étaient courtois, mais fermes. J’ai acquitté une amende de 300 euros, en plus de l’impôt dû. La morale de mon histoire ? Impossible de passer au travers des mailles du filet. Si c’était à refaire, je déclarerais ma prime sans sourciller aujourd’hui. »
Nul n’est censé ignorer la loi !
Marie-Christine, 31 ans, journaliste
Marie-Christine, 31 ans, journaliste
« Cette année-là, j’étais inscrite au chômage tout en travaillant en CDD les trois quarts du temps. Sur ma déclaration, comme à l’accoutumée, j’ai donc défalqué de mes revenus les 7 650 euros d’abattement auquel j’avais droit en tant que journaliste. Comme quoi ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés ! J’ignorais en effet qu’il fallait calculer cet abattement au prorata de mon temps de travail. Un an après, la sanction tombait : redressement. Heureusement, mon interlocuteur aux impôts s’est montré compréhensif et a tenu compte de ma bonne foi. Il a même ressorti mon dossier pour régulariser ma situation pour l’année en cours. Au final, plus de peur que de mal. J’en ai été quitte pour un redressement de 300 euros sans aucune amende à payer. »
Kafka au pays des plus-values
Frédéric, 36 ans, directeur financier
 Frédéric, 36 ans, directeur financier
« Il y a quelques années, j’ai créé une société au capital de 7 500 euros, que j’ai cédée par la suite 9 000 euros. Entre-temps, je me suis marié et, au moment de remplir ma déclaration, j’ai oublié de mentionner la plus-value de la vente, soit 1 500 euros. Les impôts, eux, n’ont pas manqué de me rafraîchir la mémoire ! Quelques mois plus tard, par courrier, le fisc me demande de lui fournir la preuve d’achat de la société. Ce qui m’était impossible, puisque je l’ai créée ! Qu’importe, il considère alors que j’ai réalisé un bénéfice de 9 000 euros. Et, au lieu de me taxer sur ma plus-value de 1 500 €, ils me réclament 26 % de 9 000 €. Soit une taxe de 2 250 € pour un gain de 1 500 €. Kafkaïen ! Mais tout est bien qui finit bien. La simple présentation des statuts de ma société a finalement suffi à lever toute ambiguïté sur mon affaire. »
Pensez au congé paternité !
Léo, 35 ans, caissier
 Léo, 35 ans, caissier
« Tout heureux d’être papa, j’ai omis de déclarer mon congé paternité, ces fameux onze jours qui ne sont pas repris sur la fiche de paie et qu’il est donc impératif d’ajouter à sa déclaration de revenus. Sauf qu’il fallait y penser ! Ce qui est vrai pour le congé paternité l’est également pour le congé maternité. Mais la durée du congé pour ces dames, de 16 semaines minimum, passe difficilement inaperçue. Mieux, en cas d’oubli, l’assurance-maladie leur transmet un récapitulatif des indemnités à déclarer ; ce qui à ma connaissance n’est pas systématique pour les messieurs… Mais, heureusement pour moi, j’ai pu corriger mon erreur avant le 1er juillet suivant le dépôt de ma déclaration. À défaut, j’aurais dû régler un impôt complémentaire et des indemnités de retard. »
On ne m’y reprendra plus !
Isabelle, 27 ans, secrétaire de direction
Isabelle, 27 ans, secrétaire de direction
« Je m’en souviens comme si c’était hier. C’était ma première déclaration. J’ai fait très fort ! Sûre de mon bon droit, j’ai déduit de mes revenus les abattements de 10 et 20 %. Or ces calculs sont réalisés par les impôts, jamais par les contribuables. Dans un premier temps, j’ai donc eu la bonne surprise de n’avoir à payer que 125 euros d’impôts. Mais ma joie a été de courte durée ! Quatre mois plus tard, mes parents recevaient un courrier me réclamant… 1 230 euros. Et, comble de malchance, l’accueil a été glacial au centre des impôts. Impossible d’échapper aux intérêts de retard, ni de négocier un échéancier de plus de deux versements. Depuis, j’ai retenu la leçon. Chaque année, au moment de remplir ma déclaration, je redouble de vigilance. »
J’ai zappé l’avoir fiscal
Olivia, 39 ans, psychologue
Olivia, 39 ans, psychologue
« Mon père nous a légué sa société. Mon frère la gère et ma sœur et moi percevons des dividendes. A l'époque, nous étions tenus de déclarer les revenus des actions et d’y inclure l'avoir fiscal, qui était égal à 50 % des dividendes nets et venait en déduction des impôts à payer. J'avais gagné 1 000 euros de dividendes nets, j'aurais donc dû déclarer 1 000 euros + 500 euros. Mais j’ai reporté la somme communiquée par mon frère, sans savoir que l’avoir fiscal n’y était pas inclus… Deux ans plus tard, j’ai reçu une notification de redressement. Le cauchemar ! »
Jamais sans mon certificat électronique
Romain, 30 ans, commercial
Romain, 30 ans, commercial
« Internaute convaincu, dès que cela a été possible, j’ai testé le service Internet des impôts pour remplir ma déclaration en ligne. J’ai effectué toutes mes démarches sur www.impots.gouv.fr. Plus besoin d’envoyer de justificatifs, l’affaire était bouclée en quelques clics. Le rêve ! L’année suivante, j’ai voulu récidiver. Et, là, surprise ! J’avais égaré mon certificat électronique. Or ce dernier tient lieu de signature électronique durant trois ans. Ce précieux détail m’avait échappé. Résultat : j’ai dû révoquer le certificat perdu pour le rendre inutilisable et en demander un autre que je conserve désormais jalousement. »
Les jeunes mariés étaient pacsés
Marie, 37 ans, photographe
« Je me suis mariée avec Jean en 2002. L’année suivante, comme tout jeune couple, nous avons rempli deux déclarations séparées jusqu’à la date de notre mariage et une déclaration commune pour le reste de l’année. Erreur fatale ! Avant de nous marier, nous nous étions « pacsés » en 2001. Et cela changeait tout. En effet, à cette époque, en cas de Pacs, il fallait attendre trois ans de vie commune pour remplir une déclaration commune. Sauf en cas de mariage dans ce laps de temps. Et c’était notre cas. Nous aurions donc dû remplir une seule déclaration, et non trois. Un système beaucoup moins avantageux pour nous fiscalement, qui nous a d’ailleurs valu un redressement. En revanche, nous avons échappé aux pénalités de retard. Vous parlez d’un cadeau de mariage ! »
Avant ou après le 1er janvier ?
Juliette, 27 ans, secrétaire
Juliette, 27 ans, secrétaire
« Depuis trois ans, je vivais seule avec mon fils Théo quand j’ai rencontré Marc. Nous avons décidé de nous installer ensemble en juillet 2001. En 2002, j’ai déclaré que je vivais en concubinage et j’ai perdu la demi-part supplémentaire accordée aux parents isolés. Fort heureusement, une copine des impôts m’a expliqué que seule ma situation au 1er janvier de l’année d’imposition comptait. Or, au 1er janvier, je n’avais pas encore refait ma vie. J’ai donc apporté à mon centre des impôts la quittance de loyer de janvier 2001 établie à mon seul nom. Et j’ai regagné une demi-part supplémentaire. Mes finances ont apprécié ! »
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