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En juin dernier, des colis sous scellés un peu particuliers sont arrivés dans les laboratoires d’Eurofins, à Nantes. Ils contenaient les muscles et les os des 104 corps du vol Rio-Paris remontés à la surface après le crash de 2009. Tout l’été, les blouses blanches de la société ont prélevé l’ADN des victimes pour le comparer aux empreintes génétiques de leurs proches. Objectif : mettre un nom sur chaque cadavre. «Les corps étant restés à 4 000 mètres de fond pendant deux ans, on s’attendait au pire, commente le docteur Olivier Pascal, le patron de la filiale médico-légale du groupe. Finalement, nous avons pu les analyser.»
Si la justice a choisi Eurofins pour accomplir cette délicate mission, c’est parce que, dans la vraie vie, «les Experts» ne sont ni à Las Vegas ni à Miami, mais bien chez nous, à Nantes. Et ils ne se contentent pas d’identifier nos gènes. Pour le compte de Danone, Sanofi ou Carrefour, cette entreprise de 9 500 salariés est passée maître dans la détection des pesticides, des bactéries et autres joyeusetés qui envahissent nos assiettes ou nos armoires à pharmacie. Leader mondial des analyses de produits alimentaires et de médicaments, Eurofins fait son beurre sur nos peurs. Ça rapporte gros : 25 millions d’euros de bénéfice l’an dernier pour 680 millions de chiffre d’affaires. Mieux, depuis son introduction en Bourse en 1997, l’action Eurofins a pris… 3 233%. Evidemment multimillionnaire, son patron fondateur Gilles Martin
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