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Et si on se mettait à l’uranium ?» En cette fin d’après midi de septembre 2005, Stephen Dattels et James Mellon bavardent autour d’une pinte de bière dans un pub du quartier londonien de Notting Hill, The Commander. Le premier, un Canadien de 56 ans, est l’ancien directeur financier du leader mondial de l’or, Barrick Gold. Son jeune acolyte, Ecossais diplômé d’Oxford, est un boursicoteur spécialisé dans les marchés émergents.
Steve et Jim n’en sont pas à leur premier projet d’association. Ensemble, ils ont déjà monté plusieurs start-up de prospection minière, revendues à chaque fois à bon prix. Ils ont tâté de l’or, du cuivre, du nickel. Mais jamais de l’uranium, dont le cours, depuis Tchernobyl, est scotché à 10 dollars la livre. Mais avec le boom économique chinois, le minerai radioactif bénéficie d’un regain d’intérêt depuis 2004. Tope là ! «Nous avons créé UraMin ce jour-là en mettant 50 000 dollars chacun», raconte James dans le magazine financier «Spear’s WMS».
Ainsi commence une incroyable embrouille, une affaire digne des avions renifleurs de la compagnie Elf dans les années 1970. Un polar dont l’épilogue fera cette fois comme victime Areva. En lançant, en juin 2007, une OPA amicale sur cette microsociété domiciliée aux îles Vierges britanniques et cotée à la Bourse de Toronto, le géant français de l’atome, présidé alors par Anne Lauvergeon, a en effet englouti 1,8 milliard d’euros.
Et, pour faire bonne mesure, a encore invest
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