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Assurance vie : Les bonnes raisons d’en avoir… ou pas
01 novembre 2004
Objectif revenus
Cas n° 6
«J’ai hérité de 75 000 euros et souhaite les placer pour en tirer des revenus immédiats.»
Notre conseil : souscrivez avec discernement
Techniquement, il est possible de souscrire un contrat d’assurance vie, d’y placer un capital et d’en tirer des revenus immédiatement… ou presque. Car sur certains produits, il faut attendre six mois ou le début d’année civile suivant la souscription. Est-ce une bonne stratégie ? Non, a priori, compte tenu des frais d’entrée et de la fiscalité, dissuasive à court terme, avec 35% de prélèvement libératoire et 11% de prélèvements sociaux à compter du 1er janvier 2005. En réalité, le taux d’imposition est bien plus faible.
Explications : dans un retrait partiel sur une assurance vie, l’imposition porte seulement sur la part d’intérêts retirée et non sur le montant global du retrait. Or, à court terme, le capital a évidemment généré peu d’intérêts. Résultat, les retraits sont peu taxés, à des niveaux très éloignés du taux facial de 46%. On peut donc mettre en place des retraits réguliers ou non, dès la souscription d’un contrat, sans y laisser trop de plumes, et profiter du rendement de l’épargne. Mieux, en attendant une petite année, on éponge les frais d’entrée, ce qui permet de ne pas mordre trop vite dans le capital (voir ci-dessous).
Pour les personnes pas ou peu imposées, le choix est moins évident en dépit de l’absence de fiscalité. Car au petit jeu du seul rendement, l’assurance vie est nettement dominée par d’autres placements, en particulier les SCPI. En revanche, un bon contrat gagne incontestablement côté souplesse dans sa mise en place et dans son fonctionnement ultérieur. Vous pourrez, en effet, stopper les revenus, reverser au pot, à nouveau faire des retraits, voire une avance…
L'impôt progresse au début avant de diminuer au bout de huit ans
Find'année | Retraits (1) bruts en euros | Part du capital en euros | Part des intérêts en euros | Prélévement libératoire et social | Impôts en euros | Valeur de rachat initial en euros |
1 | 4 000 | 3 906 | 94 | 35% + 11% | 43 | 72 808 |
2 | 4 000 | 3 738 | 262 | 35% + 11% | 121 | 72 084 |
3 | 4 000 | 3 577 | 423 | 35% + 11% | 195 | 71 328 |
4 | 4 000 | 3 423 | 577 | 15% + 11% | 150 | 70 537 |
5 | 4 000 | 3 275 | 725 | 15% + 11% | 188 | 69 712 |
6 | 4 000 | 3 134 | 866 | 15% + 11% | 225 | 68 849 |
7 | 4 000 | 2 999 | 1 001 | 15% + 11% | 260 | 67 947 |
8 | 4 000 | 2 870 | 1 130 | 0 + 11% | 124 | 67 004 |
9 | 4 000 | 2 747 | 1 253 | 0 + 11% | 138 | 66 020 |
10 | 4 000 | 2 628 | 1 372 | 0 + 11% | 151 | 64 990 |
(1) Hypothèses : versement de 75 000 €, frais d'entrée de 2%, rendement net de 4,5% par an et retrait annuel de 4 000 euros. | ||||||
Plus le temps passe, plus la part des intérêts augmente. En revanche, la taxation baisse en raison de l’évolution du taux du prélèvement libératoire avant quatre ans. Après huit ans, aucune imposition n’est due, grâce à l’abattement (4.600 euros pour un célibataire et 9.200 euros pour un couple).
Cas n° 7
«Dans dix ans, je prendrai ma retraite. J’aurai besoin de revenus pour compléter ma pension.»
Notre conseil : souscrivez
Optez pour un bon contrat d’assurance vie en euros ou pour le fonds en euros d’un multisupport. C’est à moyen-long terme un outil idéal, compte tenu de sa souplesse et de sa faible fiscalité sur les intérêts passé huit ans. Souplesse, car, jeune retraité, vous pourrez alors retirer votre épargne selon vos besoins, régulièrement ou non. Vous aurez toute liberté pour mettre en place des retraits programmés, chaque mois par exemple. De plus en plus de contrats s’ouvrent à cette option ou la pratiquent à la demande. Le tout, en payant pas ou peu d’impôts, puisque chaque retrait partiel est composé d’intérêts taxables et de capital non taxable. Après huit ans, vous aurez droit à un abattement de 9.200 euros par an sur les intérêts, si vous êtes marié et 4.600 euros si vous êtes célibataire, divorcé(e) ou veuf(ve).
Astucieusement, vous pourrez répartir vos retraits entre deux années civiles de façon à échapper à toute taxation. Un petit calcul permet en outre de savoir si l’on va payer des impôts sur un retrait, hormis les prélèvements sociaux bien sûr. Passé huit ans, multipliez l’abattement sur les intérêts auquel vous avez droit (9.200 ou 4.600 euros) par la valeur du contrat à la date du retrait et divisez le tout par les intérêts acquis à cette date. Exemple : vous avez versé 75.000 euros sur un contrat il y a huit ans. Il vaut maintenant 110.000 euros. Si vous êtes marié, vous pourrez ainsi retirer 9.200 x 110.000/35.000, soit 28.914 euros sans impôts (hors prélèvements sociaux). Au-delà, vous paierez 7,5% sur chaque intérêt. Utile. A titre de comparaison, le Plan d’épargne retraite populaire (PERP) offrira, lui, une sortie obligatoire en rente, soumise à l’impôt sur le revenu, après déduction d’un simple abattement de 28%…
Au sommaire de ce dossier :
Source : Mieux Vivre Votre Argent - Copyright : © Mieux Vivre Votre Argent 2006