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Placements 2006 Profitez des vents porteurs
01 janvier 2006
Tout progresse : l’immobilier, les actions, les obligations. Les marchés sont en fait soutenus par des flux massifs de liquidités. Tout va donc pour le mieux, pour l’instant. Mais la bulle enfle…
L’optimisme appelle l’optimisme. L’année 2005 a confirmé cette vérité pour les épargnants, au-delà des espérances des prévisionnistes les plus doués. S’inscrivant dans la trace d’une tendance haussière engagée depuis quelque temps, le cru de l’an passé a été à la hauteur des meilleurs millésimes. Sur l’immobilier comme sur les marchés financiers.
Après la crise des années 1990, l’immobilier, par exemple, avait entamé son rebond à partir de 1999 dans l’Hexagone. L’activité est restée très soutenue avec entre 610 000 et 615 000 transactions dans l’ancien en 2005, contre seulement 606 000 l’année précédente. Cette situation s’explique non seulement par le maintien à un faible niveau des taux d’intérêt, mais aussi par d’importants flux migratoires vers l’Ouest et le Sud-Est. Ce n’est pas un hasard si, au troisième trimestre, les progressions les plus fortes étaient constatées à Rennes (+14,75%), Béziers (+20,44%) ou encore Bordeaux (+20,44%). Certes, après les hausses moyennes de 14% en 2003 et de 15% en 2004, l’envolée des prix semble se ralentir. Avec une augmentation d’environ 10 % du prix du mètre carré, faire la fine bouche serait mal venu.
Une Bourse euphorique favorable aux valeurs moyennes
La Bourse de Paris, elle, avait recommencé à voir la vie en rose au lendemain des attentats de Madrid, en mars 2003. Cette année-là, le CAC 40 s’était adjugé une progression de 16%, suivie en 2004 d’une hausse de 7%. Les douze derniers mois, eux, ont été marqués par un véritable feu d’artifice. Au 16 décembre, l’indice phare de la place de Paris gagnait 23,11% par rapport à son niveau de la fin de l’année précédente. A 4 700 points, le marché parisien a même retrouvé son niveau d’août 2001 ! Pourtant nettement surperformantes au cours des dernières années, les petites valeurs hexagonales n’ont, de leur côté, pas cessé leur domination. Leurs nouveaux indices de référence, le Mid 100 et le Small 90, gagnaient respectivement 37,86% et 35,81% à la mi-décembre…
Et le palais Brongniart n’est pas un îlot perdu dans le monde de la finance (voir tableau ci-dessous). La Bourse japonaise a ainsi fait des éclats parmi les marchés développés, le Nikkei 225, l’un de ses principaux baromètres, gagnant près de 32 % à la mi-décembre. La seule déception apparente provient, en fait, de l’évolution de Wall Street, la première place financière au monde : le Dow Jones fait, en effet, du surplace aux alentours des 10 900 points. Mais, comme fréquemment en pareille situation, le dollar était orienté à la hausse. Conséquence : une fois prises en compte les fluctuations du billet vert, la hausse de Wall Street s’établit tout de même à plus de 12 %. La bonne tenue des Bourses mondiales trouve son origine dans les excellents résultats des entreprises à travers le monde, générés par leur restructuration – tout particulièrement au Japon – mais aussi dans une croissance mondiale très forte, dopée par le développement forcené de la Chine.
Des taux obligataires historiquement au plus bas
Le marché obligataire, lui aussi, a terminé l’année avec les honneurs. D’aucuns attendaient un krach sur les emprunts : il n’est jamais venu ! En dépit de huit relèvements des taux d’intérêt directeurs par la Réserve fédérale américaine, les rendements à long terme ont été étonnamment stables aux Etats-Unis. Et en Europe, les taux ont continué leur mouvement de repli. Dans l’Hexagone, le taux à dix ans est ainsi passé de 3,63% à 3,31%. Une situation favorable pour les porteurs d’obligations à taux fixes, les cours variant en sens inverse des taux.
Qui donc serait parvenu à faire de mauvaises affaires en 2005 ? Les souscripteurs de contrats d’assurance vie ? S’ils avaient investi sur des unités de compte, sûrement pas, car ces dernières évoluent en fonction des marchés financiers sur lesquels elles sont investies. Les amateurs de fonds en euros, alors ? La baisse des taux leur est certes défavorable, d’autant que la collecte reste forte. SMA Vie BTP, le premier assureur de la place à avoir communiqué ses taux pour 2005, a ainsi officialisé une baisse de 0,51 point du rendement de Batiretraite 2, son contrat phare. Avec 4,26% net de frais de gestion, ce placement rapporte toutefois près de 2,5 points de plus que l’inflation, fortement impactée cette année par la hausse des cours du pétrole.
Sur le marché, la baisse devrait être limitée à 0,30 point en moyenne. Sans oublier que, profitant d’un poids non négligeable des actions dans son portefeuille et de la bonne tenue des marchés, il ne faut pas exclure qu’un assureur dope fortement son taux cette année en concrétisant des plus-values boursières. En assurance vie, comme ailleurs, tout est bon pour se distinguer ! Même l’or, traditionnelle valeur refuge en période de crise, termine cette année fièrement. L’once d’or gagne ainsi près de 20% sur l’année, profitant notamment des déséquilibres entre l’offre et la demande sur le marché.
L’afflux massif de liquidités explique la flambée des actifs
Ce tableau idyllique ne peut s’expliquer uniquement pour des raisons fondamentales, tous les clignotants ne pouvant être au vert en économie. La bonne tenue des marchés trouve en fait sa raison ailleurs : dans l’abondance des capitaux disponibles au niveau mondial. Depuis près de vingt ans, les autorités monétaires des grands pays industrialisés règlent tous les problèmes économiques de la planète en faisant marcher la planche à billets.
La crise boursière de 1987 ? Vite, les Banques centrales ont proposé de l’argent frais pour tenir les cours. La crise immobilière du début des années 1990 ? Là encore, la même recette a été utilisée, tout comme pour faire face aux problèmes des pays émergents ou au lendemain du 11 septembre 2001. L’argent qui coule à flots a donc besoin de s’investir et la croissance économique est loin d’être suffisante pour tout absorber. « Nous vivons dans une bulle sur les actifs, où les prix commencent à s’éloigner des valeurs fondamentales, en particulier sur l’immobilier. De la même façon, une bulle se crée sur la dette, qui gonfle parallèlement, comme le démontre l’ampleur du déficit commercial américain », se plaît à rappeler Jean-Pierre Petit, chef stratégiste d’Exane BNP Paribas.
Pas d’éclatement de la bulle en vue
Si la remontée des taux fait clairement partie des craintes pour les investisseurs (voir encadré), elle ne semble pas de nature à contrarier à court terme le développement des différents marchés. Il suffit de voir les précautions prises par la Banque centrale européenne, par la voix de son président, Jean-Claude Trichet, ou de la Réserve fédérale américaine, pour ne pas envisager un scénario identique à celui connu en 1994. Cette année-là, le relèvement des taux américains avait provoqué une violente remontée des rendements à long terme à travers le monde et une baisse sensible des actions. Certes, un peu moins d’argent sera disponible dans le circuit, mais la croissance mondiale sera également moins forte. Bref, d’importantes liquidités devraient encore venir chercher refuge sur les marchés financiers et immobilier. Au risque d’accroître encore un peu plus la bulle…
Les risques à surveiller La Bourse, et surtout l’immobilier, commencent à voir leur valeur s’éloigner des fondamentaux. Autrement dit, une bulle commence à se créer. Reste à connaître les éléments capables de provoquer un changement de tendance. La principale inquiétude porte sur l’évolution des taux d’intérêt. Les Banques centrales américaine, européenne et japonaise seront toutes, cette année, dans une logique de relèvement de leurs taux directeurs. Avec pour objectif de tenter de prévenir la surchauffe des marchés, sans pour autant provoquer de baisse. Jusqu’alors, Alan Greenspan, le patron de la Réserve fédérale américaine, réussissait parfaitement cet exercice et il y a fort à penser que Ben Bernanke, son successeur, marche dans ses traces. Autre risque économique : un effondrement du dollar. Se poserait alors la question des déficits abyssaux de l’économie américaine. Les Asiatiques, et notamment les Chinois, accepteraient-ils de continuer de payer ? Par ailleurs, un mouvement social d’ampleur en Chine serait de nature à inquiéter les investisseurs à travers le monde, tant ce pays tire aujourd’hui la croissance mondiale. Quant au spectre de l’inflation, il est encore agité par certains. Mais nul n’est en mesure d’indiquer quelle pourrait en être l’origine. D’abord le terrorisme. Il avait entraîné la chute des marchés après le 11 septembre 2001. Mais seule une opération d’une ampleur sans précédent perturberait la Bourse, les actions s’étant très vite remises des attentats perpétrés à Madrid et à Londres ! Une attaque technologique, avec un virus majeur sur Internet, ou un problème sanitaire dans les pays développés pourrait aussi semer le trouble. |
Le bilan des marchés financiers
Marché | Perf. 2004 | Perf. 2005 |
Actions | ||
CAC 40 | +7,40 % | +23,11 % |
DJ EuroStoxx 50 | +6,90 % | +20,52 % |
Dow Jones Industrial 30 (1) | +3,15 % | +0,86 % |
Mid 100 | +22,13 % | +37,86 % |
Small 90 | +28,07 % | +35,81 % |
Nikkei 225 (2) | +6,13 % | +31,74 % |
Obligations | ||
EuroMTS | +9,47 % | +6,68 % |
Changes et matières premières | ||
Euro/Dollar | -7,71 % | +12,03 % |
Once d'or(1) | +3,57 % | +18,53 % |
Baril de pétrole (1) | +30,49 % | +43,39 % |
(1) En dollars. (2) En yens. Source : Fininfo au 16-12-2005. | ||
Au sommaire de cette enquête :
Capital Risque
Immobilier
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