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Mise à jour : mardi 29 octobre 2013 07:10 | Par Marie-Christine Corbier, lesechos.fr

Rythmes scolaires : la réforme accusée de créer des inégalités

Le principal syndicat du primaire pointe les disparités entre les communes.Le ministre Vincent Peillon défend, lui, « l'égalité sociale » de la réforme.


Rythmes scolaires : la réforme accusée de créer des inégalités

A quelques jours de la rentrée, le principal syndicat d'enseignants du primaire, le SNUipp-FSU, ne relâche pas ses critiques contre la réforme des rythmes scolaires. Une école sur cinq reviendra, la semaine prochaine, à quatre jours et demi de classe. A défaut de pouvoir faire un premier bilan de cette réforme qui démarre, le SNUipp a critiqué hier les conditions de sa mise en oeuvre, considérant qu'elle crée « une extrême diversité voire des inégalités dans l'offre périscolaire, en termes de contenu, d'encadrement des élèves et de coût pour les familles ».

Selon les communes, les activités scolaires se déroulent une fois par semaine, deux fois par semaine, tous les soirs pendant quarante-cinq minutes ou se réduisent à de la garderie, argue le syndicat. Concernant l'encadrement, il insiste sur le fait qu'il est très variable : des communes réunissent les élèves dans une salle avec peu d'activités tandis que d'autres font intervenir des bénévoles ou des enseignants en heures supplémentaires. Quant au coût des nouvelles activités périscolaires, elles sont gratuites en certains endroits, payantes ailleurs, pour un coût de 10 centimes par soir à 12 euros par trimestre.

« La réforme accentue les inégalités,dénonce le secrétaire général du SNUipp-FSU, Sébastien Sihr. Le ministre a fait de l'offre périscolaire la vitrine de la réforme des rythmes. Aujourd'hui, elle en est le talon d'Achille. On est loin de l'objectif initial, c'est une véritable déception. »Pour Vincent Peillon, qui assurait hier, lors d'un déplacement dans la banlieue de Lyon, la promotion des nouveaux rythmes scolaires, la réforme est au contraire « une révolution douce(qui adresse) un message fort sur l'égalité sociale ».Elle permettra à 80 % des enfants, contre 25 % aujourd'hui, « d'aller au centre aéré ».Le ministre compte aussi réduire les inégalités grâce au fonds de 250 millions d'euros de l'Etat. Ce fonds était destiné, à l'origine, à inciter les communes à basculer dans les nouveaux rythmes dès 2013 et reste en partie inutilisé puisque seule une commune sur cinq y aura recours. Le SNUipp plaide du coup pour que l'argent non utilisé le soit par les communes qui adopteront les nouveaux rythmes en 2014. Mais Matignon s'est engagé à ne pas revenir sur le dispositif .

Disparités

A la Ligue de l'enseignement, qui regroupe 30.000 associations locales, on reconnaît des situations « très disparates ».Pour son secrétaire général adjoint, Eric Favey, « entre, d'un côté, des villes comme Rennes et Grenoble qui ont réajusté leurs temps périéducatifs et, de l'autre, des petites communes rurales sans projet et sans activité organisée autour de l'école, il y a un gouffre ».Pour autant, « gardons-nous d'analyses hâtives, rien ne permet de dire que les inégalités se sont accrues »,poursuit-il. Eric Favey estime au contraire que l'étalement du temps scolaire sur la semaine aura un effet bénéfique contre les inégalités et les décrocheurs. En matière d'environnement éducatif local, « l'offre sera accrue,ajoute-t-il. Il ne faut pas faire de mauvais procès aux collectivités ni à l'Etat sur une politique qui produirait de l'inégalité. »

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